Enfin, nous voilà ses hôtes, amoureusement conviés autour d’une vieille recette dont elle exhume les trésors : peurs cocasses de l’enfance, utopies sentimentales, conquête d’un espace à soi, cartes postales familièrement étranges de la vie. Impressionnante sur les planches, Madjo est en train de concocter un premier album qui à n’en pas douter s’ouvrira comme on feuillette un livre d’images, entre comptines à la française et ballades américaines. Mixé par Mark Plati (Bashung, entre mille autres), c’est un premier album qui surprend par sa volonté de bousculer l’ordonnance naturelle de l’écriture de chanson, comme s’il avait été composé dans un demi-sommeil lunaire entre les songes et la réalité, les chants d’oiseaux de nuit (« Catch the bird », « Le Cœur hibou ») et celui des héroïnes blues folk de Greenwich Village.


